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2007, Rock Alternatif, Rock garage

Allez dire aux femmes qu’on s’en va

Si j’annonce un side-project mené par des quinquagénaires qui se séparent du calme de leur musique habituelle pour faire du rock garage bien gras, que les chansons sont écrites pour la guitare mais par un chanteur qui a toujours délaissé cet instrument, que l’album a été enregistré en quatre jours, ça vous fait peur ? Y’a de quoi, tous les ingrédients sont réunis pour générer un bon gros disque pour papy-hasbeen qui veut jouer au jeunot. Sauf qu’ici l’idée vient d’un certain Nick Cave.

Grinderman est né au cours de la tournée de promotion de « Abattoir blues / The lyre of Orpheus » de Nick Cave and the Bad Seeds. Ce cher Mr Cave s’est mis à écrire des chansons en composant pour la guitare (alors que ceux qui suivent savent que Nick Cave n’est pas exactement un guitariste). Le voici avec quelques chansons sur de la musique simple mais efficace, il embarque des amis des Bad Seeds (Warren Ellis, Jim Sclavunos, et Martin Casey) et ils partent enregistrer ça comme démo.

Ces quelques chansons ont formé la base de ce qui sera le premier album de Grinderman, intitulé sobrement « Grinderman ». De leur propre aveu, les quatre compères n’ont pas du tout cherché à produire quelque chose qui ait du succès mais quelque chose qui les défoule, qui les libère. Après tout, ils ont les Bad Seeds comme source de revenus presque garantie, et ont tous largement passé l’âge d’aller faire la catin sur MTV. Et poum, en 2007 voici enregistré (en quatre jours de studio selon la légende) le premier album de Grinderman.

Mais que dit-il se disque ? Eh bien d’entrée de jeu avec un gros gras Get it on on annonce la couleur. Pas question d’ochestration complexe et raffinée comme dans les Bad Seeds, l’heure est au défoulement, au brut de décoffrage. Un retour aux tendances de The Birthday Party (groupe post-punk dans lequel Cave a officié quelques temps, qui mérite une écoute aussi) peut-être, mais en tout cas de la pêche et du rentre-dedans bien couillu. Continuons avec No pussy blues aux paroles tordantes, Electric Alice et Grinderman hypnotiques, … mais c’est qu’ils savent faire quelque chose de simple aux accents de garage sans pour autant tomber dans la facilité du bourrin en plus ! Des artistes moi je vous dis ! On repart dans des endiablées plus rock’n’roll le temps d’un Depth Charge Ethel avant de revenir à de la bonne chanson de texte avec le magistral Go tell the women mais c’est vite reparti pour le duo pêchu I don’t need you (to set me free) et Honey Bee (let’s fly to Mars). Man on the moon d’une émotion déchirante, où Nick Cave rappelle quel bon chanteur il est, When my love comes down tendu à souhait, et enfin Love bomb pour cloturer comme il se doit ce disque un peu trop court en fait. 40 minutes de bonheur ça fait jamais que 40 minutes…

Un disque mené de main de maître, où Nick Cave sait rappeler une fois de plus que son succès n’est pas volé, et qu’il sait s’entourer de musiciens d’exception. Comme l’ont dit d’autres avant moi : il n’y a rien à jeter de ce disque. Un délice à découvrir ou redécouvrir avant la sortie du deuxième album, prévue pour septembre 2010.

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