Vous lisez...
Drum'n'Bass, Electronique

Cruellement peu commun

Le mouvement drum’n’bass a eu son espèce d’époque de grande gloire, on ne parlait que de ça et pour être un mec cool il fallait forcement s’être fait réveiller par la police la tête dans la boue d’une freeparty dont le mur de son martèle depuis des heures. Maintenant c’est plus trop ça, c’est plutôt les pop acidulées ou à tendance revival qui ont la cote, donc je peux parler de drum’n’bass. De drum’n’bass hollandaise. Paie ton stéréotype.

Black Sun Empire est une bête à trois têtes, nommées Rene Verdult, Milan Heyboer, et Micha Heyboer. Venus d’Utrecht dans la plate mais charmante Hollande, ils sont comme leurs compatriotes de Noisia des hommes à tout faire qui ont évolué dans les styles et les vagues, mixé, remixé, collaboré avec plus d’artistes qu’on pourrait en citer, … et continuent encore de produire via leurs deux labels et d’organiser des soirées. C’est bon là on a rangé au placard le stéréotype du hollandais avec sa meule de gouda et son joint au bec qui regarde passer une péniche ?

Comme souvent dans ce milieu, et à l’inverse des stars MTV, Black Sun Empire a du beaucoup tourner, mixer, faire danser et se faire connaître avant d’avoir l’occasion d’enregistrer un album full-length. Ce premier album est sorti en 2005, soit après dix ans d’activité donc, et s’intitule Cruel and Unusual. Huit titres qui curieusement n’essaient pas de s’enchaîner. Chacun a droit à son introduction, à son développement, à sa conclusion. Ceci est un album, un vrai.

C’est plaisant d’ailleurs, dès le début l’auditeur est accueilli dans un paysage sonore qui sait s’installer à son aise malgré l’urgence qui est imposée par le rythme drum’n’bass, l’énergie vient par vagues plutôt qu’en une grosse baffe et on se laisse emmener. The Cooler, Everything, Bitemark, … Chaque titre prend son temps mais amène son beat typé, racé, plus « drum » que « bass ». Et ça y va sur les featurings qui passent de Noisia à Corrupt Souls en passant par SKC et Illy Emcee. Les sons sont travaillés, les rythmes entêtants, on a bien vite envie de se retrouver devant les mêmes dans une salle obscure au milieu de centaines de gens défoncés à l’exta bien partis pour danser pendant des heures. Hideous, Sideways, Future Frame, … mouais en fait il manque un tout petit quelque chose. C’est du bon son, mais des fois ça manque un peu de structure, on ne sait pas exactement où ils vont par moments. Dommage, sans ça ce serait parfait. Breathe à l’introduction relaxante à souhait, au déroulement narratif qui ferait presque penser à de la musique de film. Et puis plus rien. Boh. C’est court, 55 minutes.

Black Sun Empire nous a servi là un album qui souffre ça et là de marques de jeunesse, qui seront rattrapées dans les galettes suivantes. Ça n’empêche absolument pas « Cruel and Unusual » d’être un moment de plaisir qui se laisse autant écouter en musique de fond qu’à fond les ballons. De la drum’n’bass comme on en fait peu, trop peu.

Publicités

Discussion

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :