Vous lisez...
2007, EBM, Industrial, Powernoise

Ce doux poison qu’est le Soman

L’Allemagne est un beau pays. En tout cas, en matière de musiques électronique, elle a été gestatrice de grands précurseurs et continue de porter en son sein des scènes électroniques non négligeables parce qu’influentes de par le monde (les adeptes de house music me contrediront). Parmi toutes ces perles trop souvent méconnues, une est particulièrement discrète mais vaut vraiment de tendre l’oreille : Soman.

Soman est un projet à une seule tête, en la personne de Kolja Trelle, qui fut en son temps ingénieur son pour Absurd Minds ou Hocico, qui a remixé pour VNV Nation, et a quand même été signé chez Out Of Line ce qui n’est pas rien. Stylistiquement on lui colle souvent une étiquette EBM / powernoise, mais Soman est un mélange bien particulier de genre noise, electro, techno avec des incursions industrial, minimal, … bref une drôle de bête qu’on a du mal à classer alors qu’elle a une personnalité bien propre.

Soman a sorti trois albums et un EP depuis 2003, celui qui m’intresse dans le cas présent est l’album Mask sorti en 2007 sur le label indépendant Infacted (oui, c’est allemand ;-)).

Mask s’ouvre avec Descent, une introduction déconstruite qui fait penser à l’effondrement d’un vaisseau au travers de plusieurs épaisseurs de baton ; c’est bruyant, brutal, dissonant et ça casse tout repère qu’on pourrait garder. Descent n’est qu’une ouverture vers le premier vrai morceau, Mask, qui annonce sans détour la couleur que prennent les oeuvres de Soman : des basses lourdes et nettes, des mélodies qui filent dans des aigus entêtants, une voix se pose dessus avec un chant en anglais qu’on n’entendra presque plus sur le reste du disque. La ligne de basse est omniprésente, elle martèle sans pitié l’auditeur qui est balancé au rythme de mélodies qui se déroulent lentement, progressivement. Simple et sans compromis, Soman sait ce qu’il veut, et il le fait.

Tout ceci peut paraître agressif, violent, un peu trop rentre-dedans pour ne pas céder aux plus vils stéréotypes du boum-boum, mais en fait il n’en est rien. Morceau après morceau on se laisse prendre par ces 4/4 entêtants, ces sonorités qui savent faire planer, cette voix sur Eye to eye qui n’est pas sans rappeler Pzychobitch, et surtout la production impeccable qui emballe le tout. L’artiste est ingénieur son et ça s’entend, tout est impeccable, les effets sont pertinents et subtils (ou, comme sur Detail deviennent part entière de la mélodie), le mixage laisse sa part à chaque voix. Mettez ce disque en musique de fond et avant de vous en rendre compte un pied battra, une tête balancera, … c’est ça, l’effet de Soman. Du beau boulot.

En bref, un disque qui n’est pas forcément le plus accessible de tous, mais qui sait convaincre ceux qui lui laisse le temps de les séduire. Brut sans être brutal, net mais en finesse.

Publicités

Discussion

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :